Ce printemps, deux grands événements destinés aux enfants russophones venus de différents pays d’Europe se sont tenus à Rome : le Concours international artistique « Les Amis de la Russie » et le Festival international des théâtres pour enfants. L’organisatrice de ces manifestations, Natalia Gorina, dirige également une école de week-end à Rome. Elle explique pourquoi il est important, pour ses élèves et leurs parents, de préserver la langue russe et de s’ouvrir à la culture russe.
- À la fin du mois de mai 2026, vous avez organisé le concours international artistique « Les Amis de la Russie ». Quelle est l’ampleur de ce concours et à quel public s’adresse-t-il ?
- Pour la deuxième année consécutive, nous organisons, en partenariat avec le Centre de langue et de culture russes « Matriochka » (Irlande), le festival-concours international de création « Les Amis de la Russie ». Il est ouvert à tous les jeunes âgés de 7 à 17 ans.
- À la fin du mois de mai 2026, vous avez organisé le concours international artistique « Les Amis de la Russie ». Quelle est l’ampleur de ce concours et à quel public s’adresse-t-il ?
- Pour la deuxième année consécutive, nous organisons, en partenariat avec le Centre de langue et de culture russes « Matriochka » (Irlande), le festival-concours international de création « Les Amis de la Russie ». Il est ouvert à tous les jeunes âgés de 7 à 17 ans.
Cette année, plus de 200 enfants originaires de 24 pays ont participé au concours. La finale, organisée à Rome, a réuni en présentiel des participants venus de 10 pays ayant pu faire le déplacement. Le festival s’est déroulé selon un format hybride, en présentiel et en ligne, permettant ainsi à chaque enfant de révéler son talent.
Le concours « Les Amis de la Russie » est une occasion pour les enfants de révéler leurs talents, de rencontrer des jeunes partageant les mêmes centres d’intérêt venus des quatre coins du monde et de prendre part à un vaste dialogue interculturel. Nous sommes convaincus que chaque réalisation, qu’il s’agisse d’un dessin, d’un poème, d’une danse ou d’une chanson, deviendra un petit pont d’amitié entre les pays et les peuples.
- Le 3 avril, Rome a accueilli la première édition du Festival international des théâtres pour enfants « Quel charme que ces contes… ». Le Centre pédagogique et méthodologique que vous dirigez en a été l’un des coorganisateurs. Pouvez-vous nous parler des participants ? S’agit-il de troupes de théâtre rattachées à des écoles russophones ?
- Le festival « Quel charme que ces contes… » a été créé pour soutenir les troupes de théâtre pour enfants. Il est toutefois devenu bien davantage : une véritable fête pour les jeunes talents, qui ont pu révéler leur potentiel artistique, échanger leurs expériences avec des enfants venus d’autres pays et s’immerger dans l’univers féerique des arts de la scène.
Des troupes de théâtre d’enfants et de jeunes sont venues à Rome depuis la France, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, l’Autriche et Malte. Il s’agit principalement de compagnies théâtrales actives au sein de Maisons russes, ainsi que de centres russes de culture et d’enseignement.
- Le festival « Quel charme que ces contes… » a été créé pour soutenir les troupes de théâtre pour enfants. Il est toutefois devenu bien davantage : une véritable fête pour les jeunes talents, qui ont pu révéler leur potentiel artistique, échanger leurs expériences avec des enfants venus d’autres pays et s’immerger dans l’univers féerique des arts de la scène.
Des troupes de théâtre d’enfants et de jeunes sont venues à Rome depuis la France, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, l’Autriche et Malte. Il s’agit principalement de compagnies théâtrales actives au sein de Maisons russes, ainsi que de centres russes de culture et d’enseignement.
Nous avons suivi avec une immense joie et un profond respect pour le travail des metteurs en scène, des responsables de troupe et des enseignants les prestations de chaque enfant. Tous les participants méritaient les plus chaleureux applaudissements ! Ces spectacles ne sont pas seulement une réussite dans le domaine du théâtre pour enfants, ils constituent aussi une preuve vivante de l’amour porté à la grande langue russe.
La salle de la Maison russe de Rome était comble. Les spectateurs ont pu entrer dans l’univers du conte et découvrir les images merveilleuses, philosophiques et mythologiques qui prenaient vie sur scène.
Le festival a été un véritable cadeau de Pâques pour nos jeunes compatriotes.
- Les ateliers de théâtre pour enfants sont-ils répandus au sein des communautés russophones à l’étranger ? En quoi le théâtre aide-t-il les enfants à maîtriser la langue russe ?
- À l’étranger, les ateliers de théâtre pour enfants en langue russe ne sont pas encore aussi répandus qu’on pourrait le souhaiter. On les trouve principalement au sein des écoles russes et des centres culturels.
Le théâtre aide les enfants bilingues à apprendre le russe par le jeu : les nouveaux mots apparaissent dans le contexte des personnages, les enfants ne se contentent pas d’apprendre leurs répliques, ils commencent aussi à parler spontanément au lieu de simplement répéter après l’enseignant. La langue s’acquiert ainsi plus rapidement que lors de cours classiques, le développement de la diction, de l’intonation et de l’expressivité étant encouragé. L’essentiel est que la langue devienne un jeu et non une leçon, ce qui permet de supprimer les barrières. Les enfants n’ont pas peur de parler ni de faire des erreurs. Pour les enfants bilingues, c’est l’un des meilleurs moyens de préserver la langue russe et de la pratiquer naturellement, sans contrainte.
- Pour cette première édition du festival, vous avez choisi le thème des contes. Pourquoi ce choix ?
- Parce qu’il s’agit de la forme la plus chaleureuse et la plus accessible pour les enfants, celle qui suscite leur émotion et leur intérêt. Le conte est une « graine de sagesse » d’où naît la compréhension du bien, de la beauté et de la vie. Il transmet des valeurs telles que la quête du bien et de la justice, la protection des plus faibles et l’héroïsme, autant de principes essentiels à l’éducation des enfants. Nous avons emprunté le titre aux célèbres paroles de Pouchkine : «Quel charme que ces contes... Chacun est un poème!» Ces mots sont porteurs d’un profond sens philosophique. Les contes contribuent à faire connaître et à transmettre les plus belles qualités du caractère national russe.
La salle de la Maison russe de Rome était comble. Les spectateurs ont pu entrer dans l’univers du conte et découvrir les images merveilleuses, philosophiques et mythologiques qui prenaient vie sur scène.
Le festival a été un véritable cadeau de Pâques pour nos jeunes compatriotes.
- Les ateliers de théâtre pour enfants sont-ils répandus au sein des communautés russophones à l’étranger ? En quoi le théâtre aide-t-il les enfants à maîtriser la langue russe ?
- À l’étranger, les ateliers de théâtre pour enfants en langue russe ne sont pas encore aussi répandus qu’on pourrait le souhaiter. On les trouve principalement au sein des écoles russes et des centres culturels.
Le théâtre aide les enfants bilingues à apprendre le russe par le jeu : les nouveaux mots apparaissent dans le contexte des personnages, les enfants ne se contentent pas d’apprendre leurs répliques, ils commencent aussi à parler spontanément au lieu de simplement répéter après l’enseignant. La langue s’acquiert ainsi plus rapidement que lors de cours classiques, le développement de la diction, de l’intonation et de l’expressivité étant encouragé. L’essentiel est que la langue devienne un jeu et non une leçon, ce qui permet de supprimer les barrières. Les enfants n’ont pas peur de parler ni de faire des erreurs. Pour les enfants bilingues, c’est l’un des meilleurs moyens de préserver la langue russe et de la pratiquer naturellement, sans contrainte.
- Pour cette première édition du festival, vous avez choisi le thème des contes. Pourquoi ce choix ?
- Parce qu’il s’agit de la forme la plus chaleureuse et la plus accessible pour les enfants, celle qui suscite leur émotion et leur intérêt. Le conte est une « graine de sagesse » d’où naît la compréhension du bien, de la beauté et de la vie. Il transmet des valeurs telles que la quête du bien et de la justice, la protection des plus faibles et l’héroïsme, autant de principes essentiels à l’éducation des enfants. Nous avons emprunté le titre aux célèbres paroles de Pouchkine : «Quel charme que ces contes... Chacun est un poème!» Ces mots sont porteurs d’un profond sens philosophique. Les contes contribuent à faire connaître et à transmettre les plus belles qualités du caractère national russe.
- Quels spectacles du festival ont suscité les réactions les plus enthousiastes du public ? Plus généralement, comment cette première édition s’est-elle déroulée ? Envisagez-vous de renouveler le festival ?
- Nous avons reçu tant de retours positifs, de remerciements et de demandes de renouveler le festival qu’il nous est tout simplement impossible de ne pas lui donner une suite. Avec ma collègue Ioulia Aristova, directrice de l’atelier de théâtre pour enfants « Galaktika » (Italie), nous réfléchissons déjà à l’organisation de la prochaine édition. Nous espérons donc accueillir l’an prochain encore davantage de jeunes talents, qui présenteront leurs « merveilleux » contes sur la scène de la Maison russe de Rome.
Le festival n’a pas de caractère compétitif et donc ne prévoit pas de désigner des lauréats. Toutefois, les spectacles qui ont suscité les réactions les plus enthousiastes ont été Les Bogatyrs, présenté par le théâtre musical pour enfants « Galaktika » (Rome, Italie), et Le Mythe de Persée et de Méduse la Gorgone, monté par le théâtre-studio du Centre culturel et créatif « Matriochka » de Thessalonique (Grèce). Ces deux productions mettent en scène la conception épique de la force héroïque et cele de la compassion envers les plus faibles. Les costumes, les décors ainsi que les chansons bien connues revisitées dans de nouveaux arrangements ont particulièrement impressionné le public.
- Nous avons reçu tant de retours positifs, de remerciements et de demandes de renouveler le festival qu’il nous est tout simplement impossible de ne pas lui donner une suite. Avec ma collègue Ioulia Aristova, directrice de l’atelier de théâtre pour enfants « Galaktika » (Italie), nous réfléchissons déjà à l’organisation de la prochaine édition. Nous espérons donc accueillir l’an prochain encore davantage de jeunes talents, qui présenteront leurs « merveilleux » contes sur la scène de la Maison russe de Rome.
Le festival n’a pas de caractère compétitif et donc ne prévoit pas de désigner des lauréats. Toutefois, les spectacles qui ont suscité les réactions les plus enthousiastes ont été Les Bogatyrs, présenté par le théâtre musical pour enfants « Galaktika » (Rome, Italie), et Le Mythe de Persée et de Méduse la Gorgone, monté par le théâtre-studio du Centre culturel et créatif « Matriochka » de Thessalonique (Grèce). Ces deux productions mettent en scène la conception épique de la force héroïque et cele de la compassion envers les plus faibles. Les costumes, les décors ainsi que les chansons bien connues revisitées dans de nouveaux arrangements ont particulièrement impressionné le public.
- Votre centre pédagogique et méthodologique s’appelle « Le Monde russe ». Quels types d’activités y proposez-vous et à quels groupes d’âge s’adressent-elles ?
- Notre centre est une école d’enseignement supplémentaire. Les cours en présentiel n’ont lieu que le samedi, car les enfants fréquentent leur école principale en semaine. Les élèves qui viennent chez nous sont soit des enfants issus de familles mixtes (mère russe et père italien), soit des enfants de familles originaires de l4espace post-soviétique qui se sont installées durablement en Italie.
Les programmes que nous appliquons ont été spécialement conçus pour les enfants bilingues et sont destinés aux écoles d’enseignement complémentaire à l’étranger, comme la nôtre. Notre équipe compte actuellement quatorze enseignants, et le nombre d’élèves comme celui des professeurs augmente chaque année. Outre la langue russe, nous enseignons la littérature, la musique, les arts plastiques, la découverte du monde, la géographie et l’histoire de la Russie. Nous proposons également des activités facultatives, notamment des cours de danse, de piano et un atelier de théâtre.
- Notre centre est une école d’enseignement supplémentaire. Les cours en présentiel n’ont lieu que le samedi, car les enfants fréquentent leur école principale en semaine. Les élèves qui viennent chez nous sont soit des enfants issus de familles mixtes (mère russe et père italien), soit des enfants de familles originaires de l4espace post-soviétique qui se sont installées durablement en Italie.
Les programmes que nous appliquons ont été spécialement conçus pour les enfants bilingues et sont destinés aux écoles d’enseignement complémentaire à l’étranger, comme la nôtre. Notre équipe compte actuellement quatorze enseignants, et le nombre d’élèves comme celui des professeurs augmente chaque année. Outre la langue russe, nous enseignons la littérature, la musique, les arts plastiques, la découverte du monde, la géographie et l’histoire de la Russie. Nous proposons également des activités facultatives, notamment des cours de danse, de piano et un atelier de théâtre.
– Les écoles russophones sont-elles nombreuses en Italie ?
– Oui. En Italie, de nombreuses écoles russophones de week-end fonctionnent à Rome, Milan, Naples, Vérone et dans d’autres villes. Elles ont été créées et sont animées avec passion par des femmes russes, afin que leurs enfants ne perdent pas la langue russe et conservent un lien avec leur culture d’origine. Ces écoles accueillent également des adultes italiens qui souhaitent tout simplement découvrir la langue russe, sa littérature et ses traditions.
- Quelles sont les motivations des parents qui inscrivent leurs enfants dans une école russophone ?
- Les parents inscrivent leurs enfants dans une école russe non seulement pour qu’ils y suivent des cours, mais surtout pour que l’enfant ne perde pas sa langue russe, sa langue maternelle. Ils souhaitent que leurs enfants puissent communiquer librement avec leurs grands-parents, comprendre les traditions familiales et ressentir le code culturel (ces significations profondes, ces valeurs et ces images qui vivent dans la littérature russe, les chansons, les fêtes et les contes). Pour eux, il est important que l’enfant puisse, au moins une fois par semaine, évoluer dans un environnement russophone où il y a des amis, des fêtes, des livres et une âme : un lieu où la langue est vivante et ne se limite pas à être simplement « étudiée au programme ». La connaissance du russe est une clé vers notre code culturel, qui contribue à construire la personnalité de l'enfant et lui donne le sentiment : « Je fais partie d’une grande culture et d’une grande histoire. »
– Oui. En Italie, de nombreuses écoles russophones de week-end fonctionnent à Rome, Milan, Naples, Vérone et dans d’autres villes. Elles ont été créées et sont animées avec passion par des femmes russes, afin que leurs enfants ne perdent pas la langue russe et conservent un lien avec leur culture d’origine. Ces écoles accueillent également des adultes italiens qui souhaitent tout simplement découvrir la langue russe, sa littérature et ses traditions.
- Quelles sont les motivations des parents qui inscrivent leurs enfants dans une école russophone ?
- Les parents inscrivent leurs enfants dans une école russe non seulement pour qu’ils y suivent des cours, mais surtout pour que l’enfant ne perde pas sa langue russe, sa langue maternelle. Ils souhaitent que leurs enfants puissent communiquer librement avec leurs grands-parents, comprendre les traditions familiales et ressentir le code culturel (ces significations profondes, ces valeurs et ces images qui vivent dans la littérature russe, les chansons, les fêtes et les contes). Pour eux, il est important que l’enfant puisse, au moins une fois par semaine, évoluer dans un environnement russophone où il y a des amis, des fêtes, des livres et une âme : un lieu où la langue est vivante et ne se limite pas à être simplement « étudiée au programme ». La connaissance du russe est une clé vers notre code culturel, qui contribue à construire la personnalité de l'enfant et lui donne le sentiment : « Je fais partie d’une grande culture et d’une grande histoire. »